25 août 2012

La France en pente douce

Les chaleurs léthargiques du mois d'août ont accentué cette impression de mol affalement du pays.
Rien, à peu près rien de significatif n'émerge dans la tiède pétaudière socialiste qui recouvre désormais l'ensemble du pays de sa gangue visqueuse et accapare en les asphyxiant, tous les pouvoirs. Alors que la crise fait rage et que le monde est dans les turbulences, c'est le calme plat en France. Le changement patine dans la semoule. Les mornes Universités du Parti Socialiste pataugent dans l'ennui et l'auto-congratulation : « On est dans les préliminaires. La période est comme suspendue… » constate Marie-Noelle Lienemann. « il y a des temps morts en politique », ajoute le député de l'Essonne Malek Boutih.
Pas un petit bout d'idée, pas le début d'une inspiration. Même le camarade Mélenchon, qui s'était docilement et « sans condition » aplati devant son faux frère socialiste, la trouve saumâtre : «cent jours pour presque rien » glapit-il dans les oreilles de qui veut l'entendre!
Jamais le discours du nouveau président ne fut plus creux et évasif. Parti en vacances dans un grand tintamarre médiatique, après à peine trois mois de taf, le voici qui revient benoîtement avec son éternel sourire satisfait et sa rhétorique crémeuse : « La rentrée, c'est maintenant... ».
A la nuée de journalistes complaisants qui lui demandent s'il peut préciser, il anone gentiment : «le changement se poursuit à son rythme», «Il y a du travail qui nous attend, les Français veulent que les problèmes soient réglés».
On est bien avancés !
Cette vigueur de mollusque est assez effrayante, eu égard à la gravité de la situation et aux défis que doit relever le pays. Pour l'heure, on en reste à l'alourdissement tous azimuts promis de la fiscalité, à une palanquée de vœux pieux, et à de torves tartarinades supposées s'opposer bravement, en tous lieux et en toutes circonstances, à tout ce qui pourrait rappeler de près ou de loin, la méthode Sarkozy. En bref, de jolis coups d'épée dans l'eau dont le ridicule commence peut-être à se faire sentir ici ou là...
Le fait est que la cote du nouveau président de la république, très fragile et artificiellement montée en neige au départ, s'effrite déjà. Les naïfs qui imaginaient qu'il suffirait d'attaquer les riches au portefeuille et de faire des incantations pour que les choses aillent mieux commencent à avoir des doutes. M'est avis qu'ils n'ont pas fini de déchanter. Les recettes de gauche sont inapplicables ou, chacun le subodore, calamiteuses, et le pragmatisme libéral est honni. Que faire ?
Cet atermoiement général est bien illustré par le ministre « du redressement productif ». Il n'avait, comme on s'en souvient, pas de mots assez durs pour fustiger la mondialisation, le traité européen, les licenciements boursiers et tout le toutim dont se nourrit la dialectique altermondialiste... Lui, le chevalier blanc à la rose, le grand pourfendeur du capitalisme, est en train de tourner casaque, en se faisant le chantre de la croissance et en flattant les entrepreneurs, qu'il exhorte pathétiquement à se comporter en "capitaines d'industries", après les avoir quasi traités d'incapables, et les avoir plombés de nouvelles contraintes bureaucratiques.
Mieux vaut en rire...

Aucun commentaire: